La Tournée du facteurLa Tournée du facteurQuelques jours de la vie héroïque d'un [f]acteur, son vélo et sa caravane du tour
Juin 2011

Marcellin est un facteur comme on n'en fait plus. Déjà, il habite un village sans murs et portant son nom, celui-là même qui se dessinait en creux des spectacles La Pièce du boucher et Faux-pas Poucet. Surtout, il est investi d'une mission. Une mission héroïque dont l'accomplissement fera de la Poste, cette entreprise que sa famille se transmet de génération en génération depuis le milieu du XIXe siècle, un modèle de modernité et de proximité. Car le développement de l'Aérovélopostale, c'est le nom de ce service en devenir, n'entre pas en conflit avec l'idée de service public que personnifie Marcellin. La preuve : contournant l'immobilisme de sa hiérarchie, il décide un jour d'entamer une tournée de repérages en vue de la définition du lieu de l'implantation de la future gare Aérovélopostale.

Et c'est cette épopée que racontera La Tournée du facteur, événement théâtral envisagé comme une compétition sportive (ou l'inverse ?) qui verra le comédien Alain-Serge Porta endosser l'uniforme bicolore de son personnage dans les communes de la Communauté d'Agglomération Porte de l'Isère. Précédé d'une caravane empruntant autant au musée qu'au bureau de poste, il sera littéralement accueilli en fanfare, distribuera le courrier, se toilettera chez l'habitant, préparera sa popote au grand jour, donnera des interviews... et, bien sûr, exposera son projet et ses convictions aux badauds, avant de se mettre en route vers une prochaine étape.

Immersion territoriale, estompage des frontières entre réalité et fiction, valorisation des énergies locales (musiciens amateurs, commerçants, élus...), circulation ludique des idées (cartes postales échangées entre villages, rencontre scolaires, couverture médiatique complice...), La Tournée du facteur est ce que l'on pourrait appeler du Cédric Marchal pur jus. Et peut-être bien, à ce jour, la création qui touche le plus près cette idée de théâtre vicinal qu'il poursuit depuis des années.

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Oskar & Viktor - Opus 1Oskar & Viktor - Opus 1Demi quatuor accord'vocaléon toujours de mèche et rebelles
Créé en août 1998 dans un jardin de La Motte Servolex
Oskar Aoko et Viktor Lekrépu poussent la chanson, comme on pousse le bouchon : aux limites du presque trop. Attention, pas n’importe quelle chanson, la Chanson Française ! Avec grand C, grand F et point d'exclamation ! Celle de référence… y compris malgré nous. Celle des Dalida, Joe Dassin, Bobby Lapointe, Claude François, Johnny Halliday et autres Bourvil. Autant de figures populaires et bien d'autres encore, dont les morceaux choisis et rengaines incontournables se dévoilent le temps d'interprétations tour à tour respectueuses et saugrenues.

Le talent de ces deux musiciens d'un professionnalisme à peu près égal à leur ringardise n'est toutefois pas seulement musical. Il est aussi dans leur approche unique des transitions. Succession de notes un peu trop ressemblantes ou jeu de mots tiré par les cheveux (du moins ce qu'il en reste), elles sont à l'image de l'ensemble du spectacle proposé par le demi quatuor : malines, désopilantes et tirant autant vers le rouge aux joues des plaisirs coupables que vers celui des cœurs chavirés par la (re)découverte d'un air impérissable.
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Oskar & Viktor - Opus 2Oskar & Viktor - Opus 2Hommages collatéraux
Créé les 6, 12 et 13 novembre 2010 à la Maison des arts de Thonon
Le problème de la chanson populaire, c’est qu’il vous en revient toujours une. Puis deux, puis trois, puis… Le problème aussi, c'est que les temps changent, que les modes passent, que du coup les chiens n'aboient pas vu qu'ils préfèrent les caravanes, et que les attentes du public évoluent. Conscients de ces réalités et forts du succès de leur premier tour de chant, Oskar Aoko et Viktor Lekrépu ont mis les bouchées doubles. Ils ont sorti la guitare électrique, la flûte à bec et le moonwalk, les pop stars internationales et les compositeurs injustement inconnus des jeunes générations, de Queen à Johann Pachelbel.

Vous avez dit rock'n'roll ? Oui, mais pas que, Oskar et Viktor étant plus que jamais en froid avec les jugements de valeur et la notion de hiérarchisation des genres. Par association d’idées, de mots, de notes et sauts intempestifs du coq à l’âne ou à tout autre animal à leur portée, bref, fidèles à leur goût du pot-pas-si-pourri, ils chantent comme d'autres courent ou tirent : dans tous les sens.
Pour voir un extrait vidéo du spectacle :
http://youtu.be/y0saOt4bjgQ



ACTU :

Du 7 au 29 juillet 2012, Oskar & Viktor partiront à la conquête du public et des programmateurs au festival Avignon OFF.

Ils joueront tous les jours à 17h35, au Théâtre Arto, annexe du Théâtre de La Luna, 3 rue du Râteau.


Afin de réussir ce pari, nous avons besoin de votre soutien pour en financer une partie des frais (communication, hébergement, location du théâtre) ainsi que pour en assurer la promotion auprès de vos amis, relations ou même vagues connaissances dont vous cherchiez le moyen de vous rapprocher !


Nous lançons un appel à souscription sur le site BABELDOOR : vous pouvez nous soutenir, en échange de contreparties allant de la photo dédicacée à la représentation privée d'Oskar & Viktor à domicile, sur la page suivante :

http://www.babeldoor.com/oskar-et-viktor-au-festival-d-avignon-2012


Merci !!!
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L'homme orchestreL'homme orchestreRéduction philharmonique pour un chef, une baguette et 95 pupitres non syndiqués
Créé le 20 mai 2000 à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix
Que reste-t-il à un chef d'orchestre si, à l’occasion d'un concert, l’orchestre en question décide de ne pas se montrer ? La possibilité (sage) d'annuler, ou celle de profiter de la présence de l'autre ensemble à sa disposition, le public, assis à l’orchestre, et réinventer avec sa complicité cette soirée qui ne devait pas avoir lieu.

Se prononçant en faveur de cette option, Cédric Marchal signe avec L'Homme orchestre un monologue au dynamisme communicatif, où le pathétique le dispute au burlesque et le poétique au caustique. Dessinant, en creux d'une méthode très personnelle d'enseignement des rudiments de musicologie et de confidences comme autant de symptômes d'un certain désespoir, le portrait d'un artiste refusant de s'avouer vaincu, il est l'épicentre d'une « performance d'acteur » à même de redonner tout son sens à cette expression défraichie.
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Faux-pas poucetFaux-pas poucetPièce de théâtre-fanfare de rues, ruelles et chemins vicinaux
Créé le 12 juin 2009 à Saint-Genis-Laval et le 19 septembre à La Verpillière
Le jour du mariage de Marie-la-gouaille avec l’élu de son cœur, Marcellin le facteur a apporté l’ordre de mobilisation du jeune époux. Devant l’autel, en larmes, ils se sont promis amour et fidélité. La fête fut belle et pleine de rires, tendue de cette urgence de profiter de ces instants ensemble. À l’aube, il a juré de revenir vite, et Marie a juré de l’attendre et de ne pas bouger. Et c’est ce qu’elle a fait. Tous les jours, dans sa robe de mariée, elle s’asseyait sur la margelle de la fontaine à l’entrée du village, et, joyeuse, elle attendait.

De ce récit profondément tragique, préservé de l'usure du temps par le marchand de souvenirs Herbert Oulôtre, Cédric Marchal a tiré un spectacle itinérant des plus fantaisistes et émouvants. Scindé en deux groupes, le public y assiste en parallèle à une mise en bière et à un mariage, guidé à travers rues, ruines et jardins par deux fanfares amateurs locales à la rencontre des farfelus habitants de Marcellin, village sans mur uni autour de son harmonie municipale.

Il y a des images, de la musique, des chansons, de la douleur, des rires, un verre à boire… voire quelques pas de danse à esquisser sous la guirlande végétale d’un arbre à ampoules, et au final l'envie d'en savoir plus sur le funky Père Grumard, Edna l'éleveuse de plantes carnivores, Monsieur Jauviaire le thanatopracteur et le reste des habitants du village de Marcellin. Cela tombe bien, ledit village, au cœur d'un projet territorial au long cours, a des histoires et anecdotes à revendre.
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Les Points sur les YLes Points sur les YSolo avec Monsieur Raymond et ses moyens du bord
C’est la crise !
Comme face à toute situation de crise, quelle qu’elle soit, Monsieur Raymond applique ce
précepte maintes fois éprouvé au cours des siècles passés : De peur de toucher le fond,
n’hésitons pas à toucher la forme !

Les cabarets, films musicaux et autres opérettes ont, en leur temps, fait leur ce principe
de détournement de l’attention, de divertissement de l’idée noire, de l’oubli de soi
en tant qu’humain à problèmes, que mortel.
Monsieur Raymond propose donc, au cours d’un show de haute volée spectaculaire, de se
focaliser un temps sur les alentours, les épargnés, bref sur ce qui va.
Mettre finalement les points sur un maximum de i, fussent-ils grecs !

***

Costumé des grands soirs, Monsieur Raymond nous convie donc à l’ouverture – opening
night – d’un lieu remède : le Pourquoi Pas La Lune ? – cabaret de tous
les possibles.

Et il nous en promet, du divertissement, du spectacle, de la distribution surnuméraire, de la
couleur à nous en ripoliner toute forme de désespoir.
On les entend déjà, tous ces artistes qui se préparent derrière. Danseuses, musiciens,
acrobates, contorsionnistes et clowns de tous genres, vous en aurez pour votre attente !
« Life is disappointing ? Forget it! In here, life is beautiful! »
Le suspens durera à l’extrême, jusqu’à cette tant attendue ouverture sur…
Un espace vide.
La fameuse boite noire, comme la feuille blanche chez d’autres.
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[PR]OGRESSES[PR]OGRESSES

Le spectacle vivant ressemble parfois à une leçon de mathématiques élémentaires. A ceci près qu'ici un plus un n'égale pas deux, mais un plus un égale plein.

Une commande de Guy Darmet, directeur de la Biennale de la danse de Lyon (concevoir l'ouverture du défilé sur le thème « Légendes d'avenir »), plus une de ces idées géniales dont seul Cédric Marchal a le secret (la femme étant l'avenir de l'homme, inventons lui les légendes qu'elle mérite) égale plein de possibilités : gorgones ou chimères, fées ou muses, mater dolorosa ou matrices insubmersibles, amazones ou nourrices, parques ou sirènes, filles mers ou femmes océans, pleureuses ou rieuses à pleines dents, mangeuses d’hommes ou croqueuses de diamants, femmes géantes et multi-facettes, insolentes et majestueuses, conteuses de leurs histoires et de celles que chacun voudra bien y lire.

Autant de figures légendaires auxquelles ont donné vie deux géantes, une chanteuse à roulettes et une soixantaine de musiciens, sous les yeux littéralement émerveillés de milliers de badauds. Car un plus un, ici, égale aussi plein de souvenirs.

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Chacun SavoieChacun SavoieJour de fête pour fanfare gigantesque, chorale démesurée et deux géantes bien proportionnées
Pour commémorer les 150 ans du rattachement de la Savoie à la France, Cédric Marchal et ses acolytes auraient pu s'atteler à l'organisation de la plus grande fondue du monde. N'en déplaise aux fondus de la trempette en milieu fromager, c'est un projet beaucoup plus ambitieux qui a mobilisé les habitants du département : une gigantesque déambulation, une cacophonie joviale impliquant 1860 musiciens amateurs. Un joli petit monde qui, au départ des communes des orchestres participant, a convergé sans jamais faire taire ses instruments jusqu'au Château des Duc de Savoie de Chambéry, où les attendait au sommet de la tour Yolande le Grand carillon pour un éblouissant et étourdissant final sur une partition du compositeur Jean Pacalet.

Avant cela, il y aura eu des concerts de proximité, des trajets en bus et en train où les moteurs n'auront pas eu le dernier mot, l'arrivée de deux géantes de cinq mètres plus portées sur le chant lyrique que le grignotage d'enfants et des milliers de spectateurs sous le charme des richesses du faire ensemble et du rapprochement de cultures voisines.
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You'd Better Pink!You'd Better Pink!Pink ! Pink !
Voir la vie en rose : être joyeux, optimiste face à l'avenir. Tel est le sens commun de l'expression que popularisa Edith Piaf au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Mais si la vie en rose est une question de point de vue, elle est aussi, avec plus ou moins de succès, une envie déraisonnable de partage : ce n'est pas sa vie à soi que l'on voit en rose, mais La Vie en tant qu'incluant de tous les autres. C'est précisément cette notion de (ré)jouissance collective qui a présidé à la confection de la déambulation dansée You'd Better Pink, par les compagnies Les Boules au plafond, Arcosm et Virevolt.

Trois équipes artistiques aux personnalités très affirmées qui, avec la complicité de près de cent cinquante musiciens, danseurs et saltimbanques amateurs et sans lésiner sur les trouvailles visuelles (costumes réversibles, filtres roses mobiles) ont rappelé à quelques trois cent milles spectateurs que le bonheur est affaire de liberté. Qu'on soit nonne, infirmière ou rugbyman .
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Des ampoules au nombrilDes ampoules au nombrilBal en gradins avec orchestre et crooner
Avec Ramon Jamón, le fameux « baloche » tant raillé par les élites et les branchés, redevient tendance sans se départir de sa convivialité. Mais au fait, qui est Ramon Jamón ? Un crooner gominé sans cheveux, un french lover mais certainement pas un chanteur de charme, un sosie qui ne ressemble finalement à personne d'autre qu'à lui-même.

En compagnie de son fidèle orchestre, les Los Los, il est surtout une incomparable machine à danser, un juke-box où Abba et Lou Bega côtoient des compositions (très) originales. Deux répertoires pour le prix d'un, tel est le leitmotiv de ce beau parleur jamais à court d'idées. Vous craignez que votre public soit trop à l'étroit sur une piste de danse ? Qu'à cela ne tienne, c'est des gradins que s'apprécie le répertoire de Ramon. C'est assis que l'on se met en jambes, avant que les musiciens n'invitent le public à investir la scène, le temps d'un bal qui perdura jusqu'à la capitulation mutuelle des deux parties.

Drôle, ludique, festif, haut en couleurs, unique en son genre, Des ampoules au nombril redonne au théâtre son rôle de spectacle populaire.
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La pièce du boucherLa pièce du boucherPièce de théâtre-fanfare dehors puis dedans
Ce soir, c'est le grand soir : l'harmonie du village de Marcellin inaugure sa salle de répétition, non sans honorer la mémoire de Monsieur Maurice, bienfaiteur de ladite harmonie et par extension du village, chacun de ses habitants jouant d'un instrument. L’occasion pour tous, avec la complicité du marchand de souvenirs Herbert Oulôtre, de se souvenir de Monsieur Maurice, élément du groupe, joueur de banjo et rouspéteur, pas forcément ami mais assez important pour que sa chaise reste encore vide lors des répétitions. Comme d’autres pour la disparition de Claude François, chacun a une image précise, pas nécessairement juste, de ce qu’il faisait à l’heure de l’annonce de la mort d’un être qui comptait. Boucher tentait de comprendre le végétarianisme fulgurant de sa femme Louna, Monsieur Jauviaire déplorait une panne de frigo dans les sous-sols de la maison Jauviaire & fils – Pompes funèbres, Frédéric, employé municipal à 17/16ème de temps, se demandait s’il était suffisamment représentatif pour monter une cellule syndicale...
Et le public, lui, que faisait-il ? Rien n'est moins sûr. Ce qui l'est en revanche, c'est que la Pièce du boucher, on s'en souvient longtemps. On se rappelle avec malice de la douce absurdité des discussions de Jauviaire et Boucher, avec fierté des musiciens locaux animant le parvis du théâtre, avec émotion de cette évocation burlesque du lien et de l'absence laissée par sa rupture.
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Suites NuptialesSuites NuptialesPièce montée en kit pour un mariage sans cérémonie
A la manière de certains spin-off, ces séries dérivées dont sont friands les producteurs télé, Suites nuptiales fait la lumière sur les zones d'ombre de Nuits de noces, monologue où l'on faisait la connaissance d'une mariée qui ne l'était pas vraiment, la faute à un mari jamais revenu de son enterrement de vie de garçon.
Ambitieux et ingénieux, il amène le public à la rencontre des « victimes » de ce non-mariage, cousine éplorée ou mère rongée par les regrets, à la découverte de leur résumé très subjectif des précédentes aventures et de leur intimité. Elles sont au nombre de cinq, comme les cinq groupes de spectateurs qui noueront avec elles une relation privilégiée, qui dans un café, qui sur un parking.
Tout ce petit monde, invités déboussolés et convives-malgré-eux, rejoindra ensuite, à pied, à vélo ou en bus le chapiteau où s'affaire Alfred, le traiteur, bien décidé à faire de cette non-fête un succès. Ça résonnera alors, le prix que tout ça a coûté. Tous ces efforts, les préparatifs. Jusqu’aux sketchs, poèmes et chansons préparés pour l’occasion. Un final réjouissant et bouleversant, à la mesure des saynètes précédentes et de leurs axes de rotation : les couleurs vives, le tricot, le champagne, les clins d’œil... et l'amour bien sûr.
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Nuit de NocesNuit de NocesCélébration extra-conjugale pour une mariée célibataire et des invités sans carton
Un soir comme un autre, dans un troquet comme les autres. Ça boit, ça trinque, ça discute, ça rit, ça s'enflamme, quand soudain fait irruption une jeune mariée. Bien jolie dans sa robe de blancs d’œufs battus en neige, comme descendue en vitesse du sommet de la pièce montée, elle fait grise mine, et pour cause : le marié n'est jamais revenu de son enterrement de vie de garçon, transformant son grand jour en une petite nuit. Et voilà le public convié malgré lui à une expérimentation sur la place du théâtre dans la cité, sa capacité à jaillir hors des espaces qui lui sont réservés. Mais Nuit de Noces est avant tout un émouvant portrait de femme.

Une femme qui, quand elle aura bien parlé, pleuré, et chanté peut-être aussi, le revendiquera son mariage. Alors elle organisera sa noce, distribuera les rôles à l’assistance , réglera les premiers et les derniers détails, redeviendra jolie... puis s'en repartira comme elle est venue, laissant les clients subjugués et hagards.
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Grand CaféGrand CaféManière d’opéra-bouffe et service compris
Un lieu de vie qui ferme, c'est un lien social qui se rompt. C'est en substance ce que raconte Grand Café, évocation collégiale de la démolition d'un quartier et de son troquet le plus emblématique. Le Grand Café, c'était tout à la fois un salon de thé, un bar PMU et un café de gare, c'était le repaire des riverains et celui des ouvriers des chantiers avoisinants. Et à l'approche du tomber de rideau, ils sont tous venus.

Ils sont venus refaire le monde comme si de rien n'était, se disputer pierres et briques comme d'autres s'arrachent des provisions au lendemain d'un ouragan, et aussi remplacer à tour de rôle le patron, Monsieur Jules, le grand absent de ces funérailles rythmées d'idées, de cris, mais aussi de chants. C'est là toute la beauté de ce travail sur la mémoire élaboré autour d'une vraie galerie de corps et de gueules : la fin, aussi douloureuse, y est avant tout l'occasion d'en profiter une dernière fois, tous ensemble.
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Gomina TrioGomina TrioPartition échevelée pour un pianiste chauve, un cantacteur chauve et une cantatrice qui elle ne l’est pas
Qu'est-ce que le Gomina Trio ? Le Gomina Trio c'est, cela va de soi, une formation musicale, en l’occurrence composée de trois musiciens (dont deux chauves) et enrichie des formations respectives de chacun. Mais le Gomina Trio, c'est aussi et surtout le titre d'une pierre angulaire de ce répertoire théâtral à la fois poétique et loufoque que Cédric Marchal élabore depuis le début des années 90.

Un regard nouveau sur une pommade capillaire tombée en désuétude, un récital de moins en moins classique qui dépoussière d'un bon coup de plumeau la musique de salon, la musique de chambre et celle de toute autre pièce sujette à l'accumulation de peluches ou d'escarbille : ça commence par Rossini, Offenbach et Mozart, ça se poursuit au gré de caprices de diva avec Vian, Trénet et Lapointe et ça se termine par des zygomatiques plus musclés et des refrains plein la tête.
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Carnet de routeCarnet de routeSpectacle itinérant et visuel
Résidence Hôtel et Camping sauvage, son pendant extérieur, sont au théâtre ce que les road movies sont au cinéma : des quêtes désuètes, des voyages hasardeux où le trajet, découpé en accidents et contemplations, compte plus que la destination.
Un axiome qu'illustre la tentative de trois personnages hors du temps de rallier l'Afrique. Dans un cas à bord d'une caravane amenée sur scène à la force des bras. Dans l'autre dans une estafette dont la panne est à la base d'un pari, celui de faire jaillir du nulle part un espace propre au théâtre. Dans les deux dans le cadre de représentations audacieuses et fugitives car pensées comme des étapes enrichies des précédentes.
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Hors SaisonHors SaisonManière d’opéra-bouffe et service compris
L'irruption de la fantaisie dans le quotidien, voilà l'un des thèmes fondateurs de l’œuvre de Cédric Marchal. Hors Saison en est peut-être l'illustration la plus parlante et sans aucun doute l'une des plus marquantes.

Au commencement était le gris, celui d'un bureau comme tous les autres bureaux, ni plus aliénant, ni plus accueillant. Trois employés y répètent inlassablement les mêmes gestes. Ils trient, classent, rangent, font, défont, puis recommencent. Jusqu'au jour où le soleil fait une apparition remarquée.

Il n'en faut pas plus pour que leur imaginaire prenne le pas sur la routine et laisse entendre sa toute-puissance. Pour qu'ils laissent là leurs dossiers et leurs tenues règlementaires et partent pour un voyage dont ils seront les propres guides. Pour qu'ils se rendent comptent, le long d'une pièce au déroulé aussi subtil que détonnant, que c'est lorsque les stores redeviennent vénitiens et que le train-train devient Orient Express que la vie arbore son goût de sel le plus prononcé.
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On liquide toutOn liquide toutInvraisemblance poético-policière à fort caractère burlesque
Un chroniqueur musical dirait de On liquide tout qu'il est le spectacle « séminal » de Cédric Marchal.
Il serait tout à fait dans le vrai, tant cette farce policière narrant les aventures de deux détectives siamois nés de mères différentes porte en elle les germes de ce qui définira par la suite l'identité artistique de son auteur : son aisance à passer d'un coq poétique à un âne absurde, sa façon d'envisager un jeu de mots comme une touche d'escrime, son inclination au cumul de rôles (on en dénombre ici une vingtaine) et, surtout, sa prédisposition au décloisonnement.
Ni pièce de music-hall ni œuvre de café-théâtre, la création de On liquide tout scella en outre la première étape d'une collaboration fructueuse entre Cédric Marchal et la regrettée Dominique Patriarche.
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